La démarche
Science, philosophie ou ésotérisme ?
Trois mots souvent opposés que l'anthroposophie tient ensemble, sans renoncer à la rigueur de la pensée.
On qualifie tour à tour l'anthroposophie de science, de philosophie ou d'ésotérisme. Ces définitions semblent se contredire. En réalité, l'anthroposophie tient ces trois dimensions ensemble — sans jamais renoncer à la clarté et à la rigueur de la pensée.
Une démarche scientifique
On ne tient généralement pour scientifique que ce qui ramène les phénomènes à des causes matérielles et mécaniques. L'anthroposophie cherche à élargir la connaissance à ce qui peut être pensé et connu au-delà des perceptions sensorielles, tout en gardant la rigueur de la démarche : observation, méthode, communicabilité et vérification intérieure des résultats.
Une philosophie
Par sa filiation — Platon, Aristote, l'idéalisme allemand, la Naturphilosophie — l'anthroposophie est aussi une philosophie. Elle prend au sérieux la réalité des idées et part de l'expérience la plus immédiate : l'acte de penser. L'ouvrage fondateur de Steiner, La Philosophie de la liberté, est d'abord un livre de philosophie.
Un ésotérisme ?
Le mot « ésotérique » vient du grec eso, « à l'intérieur ». En ce sens, l'anthroposophie est ésotérique : elle traite d'une expérience intérieure. Mais elle s'oppose à tout ésotérisme de secret ou d'autorité. Sa tâche est inverse : rendre public et compréhensible ce qui était jusque-là réservé.
Science, philosophie, ésotérisme : ces mots ne désignent pas des cases étanches, mais des moments d'une même respiration de la connaissance. L'anthroposophie refuse de choisir, parce qu'elle veut rendre la pensée assez vivante pour les relier.